Je suis un numéro de sécurité sociale. Taille moyenne, poids moyen, intérêt moyen...je suis unique comme tout le monde.
J’ai du mal à comprendre comment l’éducation nationale réussie aussi bien à dégouter leurs élèves de la lecture.
J’ai eu une discussion avec une amie qui rêvait de lire une passion, de savoir ce qu’est un amour puissant…une histoire originale en sommes.
Je lui conseille donc vivement de se plonger dans Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. S’il n’y avait qu’un roman d’amour, ça serait celui là !
Sa réaction immédiate fut extrêmement prévisible : "Ah non c’est un pavé !"
Imaginez ma stupeur résignée…
En sommes, un bon livre ne doit pas dépasser 150 pages. Et une belle histoire d’amour, ça pèse combien ?
Quand un livre est bon, nous devons maudire l’auteur (ou l’éditeur) de nous faire arriver trop vite à la fin.
Bon sang qu’elle était lourde la dernière page du 7ème tome d’Harry Potter ! (oui, je ne lis pas que des classiques d’antan, j’aime aussi me plonger dans les classiques du futur)
Quand on achète son chocolat préféré, espère-t-on aussi qu’il n’y ait que 4 carrés dans le paquet ? Non, on est séduit par l’abondance et on savoure les carrés un à un en espérant qu’il en restera toujours un peu pour plus tard.
Pourquoi le plaisir ne peut il être le même avec une œuvre littéraire ? Est-ce que l’on peut juger d’une œuvre par son poids ?
« Bonjour M. le libraire. J’aurais bien voulu 150 pages d’amour, j’en ai besoin en ce moment. Tiens mettez moi 6 pages d’aventure pour mon garçon, il aime ça l’aventure. Ah vous avez du philosophique ? ah non non, mon mari a fait une indigestion la dernière fois. C’était trop lourd. Et puis on garde ça pour les grandes occasions vous savez. Après c’est du luxe ! »